BYOD et gouvernance de l’information : des atouts

Outil personnelLe « BYOD » (Bring Your Own Device) est un concept qui a récemment fait son entrée dans le vocabulaire des entreprises pour désigner une pratique déjà existante et plus ou moins bien maîtrisée en leur sein. Il s’agit d’« Apportez Votre Equipement personnel de Communication » (« AVEC » est l’acronyme français désignant le « BYOD ») pour satisfaire vos besoins professionnels en nomadisme et en téléphonie. Hier encore, l’apanage des récalcitrants à la SSI et des passionnés, le BYOD est aujourd’hui promu par l’entreprise elle-même. L’idée est d’officialiser une pratique, jusqu’alors marginale, pour en retirer un certain bénéfice. La société de conseil américaine Gartner a estimé que, dès 2013, plus d’un tiers des sociétés cesseront d’équiper leurs collaborateurs en appareils nomades au profit de leurs équipements de communication personnels. Si l’on devine aisément, au travers de ce renversement de tendance, une logique gagnant / gagnant pour l’entreprise et ses collaborateurs, on peut toutefois s’interroger sur les risques encourus et les effets prévisibles.

Nous vous proposons de partager avec vous cette réflexion en 3 temps, le premier temps mettant l’accent sur le atouts du BYOD dans un « scénario idéal ».

1.   Un scénario idéal

Environnement familier
Le BYOD est incontestablement un facteur de confort et d’adaptation, pour les collaborateurs, à l’environnement de travail de leur entreprise. Une fois les formats d’échange définis avec le système d’information de l’entreprise, le collaborateur importe au sein de sa bulle professionnelle un environnement de travail qui lui est parfaitement familier. Créativité et qualité sont ainsi favorisées dans un environnement rassurant. N’avez-vous jamais râlé parce que l’outil ou la banque de données (images par exemple) tant utile et indispensable à la réalisation d’une tâche n’était pas accessible sur votre équipement de travail ? Pourtant, vous aviez ce qu’il vous fallait à la maison … La BYOD répond à ce besoin et confère, en outre et en principe, à un utilisateur un haut degré de maîtrise des outils qu’il utilise. En effet, ces outils ont été sélectionnés par lui-même pour leur ergonomie, leurs capacités, leur interopérabilité (avec son environnement personnel notamment)… De fait, leur utilisation permet une agilité et une aisance dans la production de livrables qui reste inégalée par l’usage des outils que l’entreprise met généralement à disposition. En effet, un outil d’entreprise doit répondre au plus grand nombre, sans pouvoir se soucier des attentes particulières d’ergonomie de chacun.

Rendement
En permettant l’utilisation d’un environnement de travail nomade familier et maitrisé, l’entreprise vise ainsi à augmenter le rendement de ses collaborateurs tout en satisfaisant leur confort. Nous sommes bien dans une relation gagnant / gagnant. Toutefois, et c’est probablement une facette plus sombre du BYOD, en imposant à ses collaborateurs l’utilisation de leurs équipements nomades personnels, l’entreprise réduit aussi la frontière qui peut exister entre vie personnelle et vie professionnelle. Elle étend ainsi potentiellement et officieusement la durée légale de travail au-delà des limites habituelles. Avec un support de communication commun, il apparaît dès lors évident que, sauf à s’imposer des règles personnelles strictes, le collaborateur ne fera à terme plus de distinction entre son temps personnel et son temps professionnel (et inversement ?).  Il y a fort à parier que cet aspect du BYOD préfigure l’évolution de notre futur cadre de vie vers un découpage du temps professionnel et personnel moins marqué mais plus imbriqué, à l’image du mode de fonctionnement « zapping » de notre société actuelle.

Économie
Enfin, par le choix du BYOD, l’entreprise réalise une économie substantielle sur son plan d’équipement et sa gestion de parc informatique. C’est d’ailleurs probablement l’attrait le plus immédiat et le plus quantifiable. Fini le budget réservé au nomadisme des collaborateurs. Que ce soit pour les communications téléphoniques ou la 3G/4G, quoi de plus naturel que de laisser la primeur de payer au propriétaire de l’équipement ? Les factures téléphoniques vont donc s’en trouver allégées. Et comme une bonne nouvelle n’arrive jamais seule, les DSI vont encore pouvoir se réjouir car les coûts d’acquisition et de maintien en conditions d’équipements nomades vont disparaitre. En ces temps difficiles de crise où les budgets sont régulièrement revus à la baisse, ces économies tomberaient donc à pic. Il n’est en effet plus nécessaire de bloquer des ressources pour gérer la flotte de micro-ordinateurs portables et de téléphones mobiles de l’entreprise. Cette tâche est désormais dévolue à chaque collaborateur en tant que propriétaire de ses équipements. Plus nécessaire non plus de monopoliser de ressources pour effectuer le suivi en configuration des équipements nomades ? De prime abord, oui… mais nous reviendrons sur ce point particulier plus tard dans le second article sur le sujet.

Article à suivre : BYOD et gouvernance de l’information : des dangers

About Patrick Larcheveque

Comment marier gouvernance et technologie de l’information en toute raison (cloud, vous avez dit cloud ? et big data, et open data ? et quoi d’autre encore ?) avec pour dote, une société en pleine numérisation ? Le numérique s’invite aujourd’hui dans la plupart des échanges d’information entre êtres humains et il semble bien parti pour en devenir l’acteur incontournable. Un mal ? Un bien ? Nous avons tous notre avis sur la question. Cette réalité, j’ai pu la voir évoluer et l’accompagner avec le recul nécessaire que me procurent mon expertise du monde IT depuis 1986 et un certain tropisme relationnel. Patrick Larchevêque, cadre administratif œuvrant au cœur des problématiques d’échange d’information interministérielles et internationales.

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